Comme d’autres régions, la Bretagne possède indéniablement une histoire très importante autour de la boisson. Notamment autour des alcools bretons.

Les alcools bretons anciens

Produits pour certains depuis des périodes que nous serions incapables de retracer, les alcools bretons font partie intégrante de l’histoire de l’Armorique. D’autres demeurent également plus récents, ce qui ne les empêche pourtant pas de se rallier à l’identité forte de la Bretagne.

Bouchinot

Le bouchinot est une liqueur créée en 1835 à Rennes. Elle ne titre pas moins de 40 degrés. On l’obtient à partir d’un savant mélange d’eaux-de-vie, d’infusions de plantes aromatiques, de lait, de sucre de canne et de caramel. La recette donc est unique, elle fait aussi l’objet d’une marque associée. En 1911, le distillateur Auguste rivière rachète la marque et décide de produire ce breuvage à Saint-Méen-Le-Grand, toujours en Bretagne. Aujourd’hui, la cidrerie Le P’tit Fausset est la seule exploitation à produire du bouchinot.

Cette liqueur est indiquée pour la réalisation de pâtisseries ou de flambages de crêpes. Elle se consomme également très bien en cocktail.

L’alcool fait d’une certaine manière partie de la culture bretonne,
présent aux moments de fête comme de travail autrefois.

Cervoise

Version gauloise et plus ancienne que la bière, la cervoise peine aujourd’hui à exister. La distinction entre la cervoise et la bière est relativement simple : la première ne présente pas de houblon alors que la seconde en contient. À l’époque des Celtes, le houblon demeurait encore inconnu. Ils obtenaient alors la cervoise grâce à la fermentation de malt d’orge ou bien d’autres céréales. Certains s’aventuraient aussi à utiliser quelques plantes aromatiques. Mais bien souvent, la cervoise n’était composée que de malt fermenté.

Cidre

L’une des boissons les plus produites en Bretagne de nos jours, le cidre est une véritable pièce gastronomique du paysage breton. On le fabrique à l’aide d’un fermentation de pommes. Mais le cidre est avant tout une boisson millénaire dont les traces remontent à bien plus loin que la Bretagne telle que nous la connaissons.

Les secrets d’un cidre bien fabriqué résident sans aucun doute dans assemblage des différentes variétés de pommes à cidre. On les sélectionne alors selon leur acidité ou au contraire leur amertume. Le sistr (cidre en breton) nécessite plusieurs mois de fabrication.

Le cidre se distingue en 3 grandes catégories que les producteurs bretons élaborent grâce à des cycles de fermentation plus ou moins longs.

  • Cidre doux : le plus sucré. Il contient un degré d’alcool inférieur à 3°/
  • Cidre demi-sec : aux alentours de 4° d’alcool.
  • Cidre brut : qui est généralement aux alentours de 6° d’alcool.

La Bretagne détient également deux SIQO (appellations) relatives à ses cidres :

Les alcools bretons offrent aussi une formidable opportunité
de composer des cocktails faciles et singuliers.

Chouchen

Le chouchen (“chouchenn” en breton) est l’un des alcools les plus représentatifs de la Bretagne. Généralement comparable à l’hydromel, le chouchen est une boisson qui s’impose par la simplicité de ses ingrédients : miel, eau et levure. Certains l’appellent parfois « vin de miel », cet alcool breton titre aux alentours de 14°. Il est très apprécié en apéritif ou digestif. Il se déguste aussi en cocktails.

Bien qu’un certain nombre de producteurs s’accordent à appliquer exclusivement les principes de l’hydromel à leur chouchen, d’autres s’appuient sur des recettes de variantes locales. À titre d’exemple, ils remplecent l’eau par du moût de pomme, voire du cidre.

L’élixir d’Armorique

Léon Warenghem est le premier à l’imaginer en 1900. L’élixir d’Armorique est alors la première création de la distillerie Warenghem. Savante composition de 35 plantes macérées (génépi, coriandre, vulnéraire des chartreux, écorce d’orange), elle est ensuite distillée avant de se voir ajouter du miel, des épices et du Whisky Breton Single Malt. Cette association de goût en fait un spiritueux breton qui titre à 40 degrés. Elle constitue à présent un patrimoine gastronomique plus que centenaire de la Côte de granit rose.

Les alcools bretons sont souvent l’apanage de fiertés locales ou familiales.
C’est ce qui explique en partie leur diversité.

Lambig

En Bretagne, on désigne par lambig l’eau-de-vie de cidre. Cousin breton du Calvados, on obtient ce spiritueux obtenu grâce à la distillation de cidre. Le distillat affiche jusqu’à 40 degrés d’alcool en sortie d’alambic. On l’équilibre ensuite grâce à un habile dosage d’eau pour ensuite le vieillir plusieurs années en fûts de chêne. Il prendre alors un arôme boisé couplé à un fort goût de pomme. La plupart du temps, on consomme un lambig en difestif. Il offre avant tout l’opportunité de profiter d’un produit traditionnel, symbole de la ruralité bretonne d’antan. Autrefois distillé pour le compte de propriétaires de vergers disposant du “privilège”, on le produit aujourd’hui essentiellement dans les cidreries et autres grandes distilleries bretonnes.

Depuis 2015, le Lambig de Bretagne (ou Fine de Bretagne) porte une AOC (Appellation d’Origine Contrôlée) qui lui permet de revendiquer et protéger son origine géographique, ainsi que son mode de fabrication.

Poiré

Alternative méconnue au cidre de pommes, on obtient le poiré grâce à la fermentation de moût de poire. Produit dans des quantités bien plus modestes que son analogue à base de pomme, le poiré est en effet victime de la rareté de poiriers à cidre. La plupart se regroupe en fait dans le Domfrontais, en Normandie. On peut tout de même faire pousser des “poiriers à cidre” dans le Nord de l’Ille-et-Vilaine, ce qui permet à la Bretagne de revendiquer une partie de la production de poiré en France.

Pommeau

Le pommeau s’obtient à partir d’un mutage de moût de pomme à cidre avec de l’eau-de-vie de cidre. Il est vieilli en fût de bois, au minimum 14 mois. Mistelle dont le degré d’alcool est compris entre 16 et 18 degrés, on le déguste aussi bien en apéritif qu’en en digestif. Il s’accompagne volontiers de mets sucrés, notamment ceux à base de pommes. La température idéale de dégustation du pommeau se situe entre 8°C et 10°C.

Le Pommeau de Bretagne fait l’objet d’une Appellation d’Origine Contrôlée (AOC) accordée par l’Inao en 2014.

Pour en savoir plus, consultez notre article relatif aux appellations que l’on retrouve en Bretagne.

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