Alors que le chouchen ne bénéficie pas d’une appellation à proprement parler, beaucoup de producteurs adaptent leur recette selon leurs préférences (et surtout celles de leurs client potentiels).

En effet chaque chouchen dispose de trois ingrédients de base :

  • Du miel : c’est l’ingrédient le plus important qui donnera toute sa saveur au chouchen. Des miels de différentes fleurs peuvent être utilisés mais aussi de différentes origines et qualités. Ils font donc souvent la différence.
  • Un liquide : le plus souvent de l’eau de source, on peut également retrouver du cidre, utilisé notamment pour relancer la fermentation.
  • Des levures qui serviront à lancer la fermentation et à contrôler la quantité finale de sucre dans la boisson. Un chouchen qui aurait beaucoup fermenté serait très sec, c’est à dire que les levures auraient consommé tous les sucres. À l’inverse, un chouchen peut très bien être composé avec des levures qui ne consommeront pas tous les sucres et offriront alors une boisson plus “sucrée”, c’est à dire moelleuse.
Chaque producteur établit son propre procédé de fabrication du chouchen breton
et les versions de la boisson sont nombreuses.

Comment savoir si la recette est bien bretonne ?

Le chouchen étant la boisson bretonne par essence, chacun est en droit de rechercher le plus authentique. Elle n’y parait pas mais la question demeure de taille, car aujourd’hui les producteurs peinent eux mêmes à résoudre ce débat.

Celui-ci remonte à l’absence presque totale de sarrasin en Bretagne actuellement. En effet, le peu qui y pousse s’achète un prix d’or, son commerce étant sujet à d’importantes réglementation et convoitises. L’impossibilité de se procurer du sarrasin breton conduit donc naturellement à une impossibilité d’obtenir un miel de sarrasin d’origine bretonne. Ainsi deux recettes de chouchen se côtoient :

  • Celle à l’ancienne, c’est à dire pratiquée par nos grands parents et arrières grands parents. Elle consiste à utiliser du miel de sarrasin breton (encore bien présent à l’époque). Aujourd’hui, quelqu’un pratiquant cette recette devrait acheter son miel majoritairement en Chine, ce qui pose un grand débat quand à la localité du produit finit. La question est de taille !
  • La recette moderne : ne pas forcément utiliser du miel de sarrasin pour une préférence plus locale. Ainsi, des miels de Bretagne seront sélectionnés. Un panel de senteurs s’ouvre alors et offre une grande variété de possibilités tout à fait nouvelles.

Ainsi, on ne peut boire aujourd’hui que deux sortes de chouchen : les locaux ou modernes qui diffèrent de la recette originale, ou bien les traditionnels qui vont chercher leurs ingrédients hors des frontières de notre beau pays.

La question de savoir ce qui définit un chouchen breton est de taille puisqu’elle touche à l’identité forte de la Bretagne. Il s’agit alors de bâtir sur ses traditions sans en altérer le caractère.

Les avis d’experts divergent aussi

On retrouve enfin des avis très tranchés des connaisseurs, en particulier dans la revue Ar Men : “Si on fabrique du chouchen avec du miel d’importation, qu’est-ce qui empêchera le chouchen d’importation d’inonder le marché ?”annonce Pierre Dassonville, fondateur de l’association des Amis du Chouchenn.“Comment qualifier de traditionnel un produit qui ne respecte ni la recette, ni la méthode de fabrication des anciens ?”Répondent Gilles Barbé, Patrick Gouédard ou André Lozachmeur, tous trois producteurs.

À vous de choisir ! En attendant, profitez-en pour tester nos idées recettes à base de chouchen.

Le chouchen a toujours été une boisson pour le moins dynamique.
Et l’atmosphère pour le moins vigoureuse entre les producteurs fait finalement partie de son identité.

Sources

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