Le lambig n’est pas le lambic

À une lettre près, l’erreur est facile. Lambig et lambic n’ont pourtant absolument rien à voir, même s’ils désignent tous deux des alcools.

Par vulgarisation ou par méconnaissance, certains vont prononcer ou écrire « lambic » (avec un « c » à la fin) pour parler du même lambig breton. Il faut cependant savoir que le nom « lambic » existe vraiment et qu’il ne correspond pas du tout à notre fameuse eau-de-vie de cidre.

Le lambig c’est Breton

Le lambig (avec un « g » à la fin) est sans aucun doute Breton. Il s’agit de l’eau-de-vie de cidre qu’on obtient grâce à une distillation de cidre dans un alambic. Elle subit ensuite un vieillissement de plusieurs années dans des fûts de bois.

Le terme « lambig » vient d’ailleurs directement de l’outil qui permet de le distiller : l’alambic ou encore ul lambig en Breton.

Alcool autrefois très populaire dans les milieux paysans, seuls certains étaient pourtant autorisés à le distiller : les « bouilleurs de crus ».

Les procédés de fabrication sont similaires pour le lambig et le calvados. Ce sont toutes deux des eaux de vies de cidre. Il ne peuvent toutefois porter le même nom, « Calvados » faisant l’objet d’une Appellation d’Origine Contrôlée (AOC) propre à la Normandie. L’eau de vie bretonne bénéficie depuis 2015 de sa propre Appellation d’Origine Contrôlée (AOC) sous les termes « Fine Bretagne » ou encore « Lambig de Bretagne ».

Le lambig titre entre 40% et 50% cela en fait donc une boisson bien plus forte que la bière. On la classe dans la catégorie des spiritueux.

Mais alors, qu’est-ce que le Lambic ?

Le Lambic (avec un « c » à la fin) se rapporte à de la bière belge. Un type de bière ancestral, qui fit autrefois office de norme pour de fabrication.

Jusqu’au XIIème siècle, aucun procédé artificiel ne permettait à un brasseur de maitriser la fermentation de sa bière. Celle-ci résultait uniquement de circonstances naturelles. Les ferments présents dans l’air ambiant demeuraient donc les seuls maîtres du processus de fermentation d’un moût de bière.

C’est seulement à partir du XIIème siècle que certains maîtres brasseurs commencèrent à récupérer des levures dans les brassins précédents pour les injecter dans leur nouvelle mixture. Ce procédé avait l’avantage de permettre de reproduire une bière similaire à celle obtenue précédemment. Il fallut pourtant attendre jusqu’en 1857 pour que les travaux de Pasteur sur la fermentation aboutissent à une maitrise totale du processus de fermentation par les levures. Celle-ci devint ensuite la norme en production brassicole. Une seule bière au monde s’illustrait alors par sa sauvegarde d’un savoir-faire millénaire dans lequel la nature jouait un rôle crucial : le lambic avec un « c ».

Pourquoi le lambic bénéficie-t-il aussi d’une image forte ?

Bière très ancrée en Belgique et en particulier à Bruxelles, ce breuvage représente avant tout un héritage de l’histoire. Unique en son genre, sa complexité de conception et sa dépendance à la nature en font toute sa singularité. Il apparaît alors important de la conserver et d’en faire perdurer les procédés.

En effet, son caractère est d’autant plus fort que son goût change d’année en année. D’abord par le vieillissement en fût de bois, mais aussi par l’effet de l’environnement ambiant différent d’un brassage à l’autre.

Au palais, cette bière a la particularité d’être naturellement acide et non gazeuse. Elle permet aussi de nombreuses variantes grâce à de savant mélanges de crûs ou d’ajouts de fruits. On retrouve ainsi des bières telles que la Gueuze, la Kriek ou encore la Faro.

Différence entre le Lambig et le Lambic

Nous l’avons détaillé plus haut, le lambig et le lambic ne sont absolument pas les mêmes boissons. On peut aisément les considérer comme des paronymes qui s’accordent simplement sur le fait d’être deux boissons alcoolisées.

Bien que quelques points communs anecdotiques soient à noter comme le vieillissement en fût de bois ou encore ancrage local très fort), elles ont surtout des points qui les distinguent :

  • Le lambig est un spiritueux alors que le lambic est une bière.
  • L’un vient de la Bretagne, l’autre est aujourd’hui principalement produit en Belgique.
  • Enfin, l’un est distillé, l’autre est brassé.

Il est donc clair que ces deux boissons ont chacune des particularités différentes et qu’il est préférable de bien faire attention à la formulation lorsque l’on parle de l’une ou de l’autre. À une seule lettre près (dont la phonétique n’est d’ailleurs pas très éloignée), la confusion peut vite être faite.

Sources

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